Porte du centre ville
Belleville-en-Beaujolais | 69
Notre proposition envisage le projet comme une intervention de couture urbaine. Le projet est pensé comme une manière de réparer et de reconnecter des fragments de ville progressivement dissociés par le temps, les ruptures du tissu bâti et les transformations urbaines successives. Il s’agit de rétablir des relations et des continuités, de recomposer des alignements, et de reformer un front bâti cohérent. Le défi posé par le cahier des charges consiste ici à intervenir avec précision plutôt qu’avec monumentalité. Le projet porte ainsi une attention particulière aux hauteurs dialoguant avec l’existant, aux rythmes et proportions des façades, aux gabarits du tissu urbain ainsi qu’aux matériaux participant à l’unité et à la continuité de l’ensemble. L’enjeu majeur est également de recréer des interfaces actives, tant à l’échelle urbaine — dans la manière dont le projet participe à la représentation du centre ancien — qu’à une échelle plus proche, à travers la mise en œuvre de seuils lisibles : seuil de l’ancienne ville fortifiée, mais aussi seuils des nouvelles constructions. Plus qu’un objet autonome, le projet cherche à recomposer une situation bâtie cohérente à l’échelle du site et du centre ancien. L’intention première consiste à reconstituer un front minéral capable de renouer avec la continuité du tracé ancien des remparts, des constructions voisines et des murs existants. Le site est abordé comme un seuil. Le projet ne cherche pas à reconstruire littéralement l’ancienne porte médiévale, mais à retrouver les qualités spatiales qu’elle produisait : cadrage, compression, passage et transition entre deux situations urbaines distinctes. Le Champ de Foire constitue un vaste espace ouvert et horizontal, tandis que la rue Victor Hugo introduit un tissu plus dense et resserré. Le projet cherche ainsi à articuler ces deux conditions urbaines. Les nouvelles constructions sont pensées comme le prolongement des façades de la rue Victor Hugo, venant progressivement se plier, se déformer et s’orienter vers le Champ de Foire afin d’adresser cet espace public renouvelé et d’en accompagner les usages. Cette géométrie particulière permet de reformer une limite urbaine lisible et de créer une séquence d’entrée dans le centre ancien. Par l’équilibre des masses bâties et par son écriture architecturale, le projet produit des cadrages et des perspectives qui cherchent à dialoguer avec l’ensemble du paysage. Il n’est d’ailleurs pas question ici de hiérarchiser les façades selon des orientations distinctes : le projet dessine une seule et même façade principale, déployée selon plusieurs orientations, se distinguant ainsi des constructions plus ordinaires du contexte. Les façades principales de la rue Victor Hugo se retournent ainsi vers le Champ de Foire pour lui faire face. Elles composent un ensemble homogène sans pour autant rechercher la symétrie. Le projet constitue alors moins une « porte » au sens d’un objet signal qu’une condition urbaine retrouvée. La porte devient une compression, un cadrage, une épaisseur, un changement d’atmosphère : le passage entre deux situations urbaines. Elle se manifeste à travers deux volumes bâtis familiers, disposés de part et d’autre de la rue, dont les différents éléments — soubassements, ouvertures, entrées, géométries de façades et toitures — se répondent et dialoguent. Maîtrise d’ouvrage : Communauté de Communes de la Plaine de l'Ain Maîtrise d’œuvre : Link architectes, mandataire | Chapuis Structures | CM économistes | MAYA | Arpège Programme : Requalification de la porte du centre ville | gite communal | bureaux partagés | halle | jardins | local créatif | aménagements paysagers Montant des travaux : 900 000 € HT Concours perdu Images © Piotr Banak Dessins et photos © Link architectes













